Il sait tout cuisiner, tout faire, le cru comme le cuit, de la pointe du couteau, sur le gril ou dans le bouillant, tout, depuis la pierre saupoudrée sur les plats jusqu'aux chairs les plus inattendues. C'est un genie. Il ne connait pas de limite. Les plaisirs de la table, avec lui, deviennent une nouvelle frontiere a depasser. On dit de Balthazar, trouve par un commissaire dans une rue de Paris, qu'il est ne dans une huitre. De ces coquilles gris sale qui donnent parfois des perles. Son restaurant, symbole et lieu de pouvoir, attire les puissants. Des courants de pensees s'y developpent. Des complots pourraient s'y fourbir dans la folie et les reves permis par le decor et l'extravagance parfaite des plats. Balthazar est un autodidacte brillant, un orphelin venu de nulle part. Un homme sans attache que son parfum de liberte rend dangereux. Plaisir en bouche est l'equivalent, pour les arts de la table, du Parfum de Suskind pour les odeurs. Un plaisir quatre etoiles. Beatrice Joyaud