2006. Durante un año, de 1946 a 1947, una anciana exiliada en Londres entabla correspondencia con una joven estadounidense. En sus cartas enhebra los recuerdos de toda una vida, entre los que ocupa un lugar destacado medio siglo de matrimonio con una figura crucial para el pensamiento contemporaneo: Sigmund Freud. Desde una vejez lucida y nada complaciente, Martha Freud evoca su formacion como joven burguesa en la Viena imperial; sus años de mujer casada, siempre a la sombra de un marido absorto en sus estudios; la maternidad, la ascension nazi, la guerra, el exilio, las muertes... Y sobre todo, el pesar de haber anulado la propia existencia, de haber vivido siempre segun pautas ajenas, aceptando asi mas de una traicion; algo que, en el balance final, deja un poso de amargo desasosiego. Como un rompecabezas que no revela su dibujo hasta que se coloca la ultima pieza, Martha F. es la novela de una mujer sola, pero tambien una aproximacion valiente y esclarecedora al universo femenino que rodeo al padre del psicoanalisis.
Un pere et sa fille parlent. Ils ne se parlent pas, ils ne se parlent plus depuis vingt ans. Ils parlent chacun pour soi, se renvoyant la balle sans le savoir.Auraient-ils dailleurs quelque chose a se dire ? Max est mourant, hante par ses echecs, ou se melent son histoire de Juif apatride, ses rendez-vous manques avec lHistoire et sa passion du jeu. Nina se trouve au milieu de sa vie, entierement occupee, pense-t-elle, par sa carriere, par tout ce qui peut remplir aussi lexistence dune jeune mere divorcee.Une part deux-memes leur est pourtant commune, une part dont le nud obscur tient dans leur reve toujours recommence, inextinguible, dautre chose .NICOLLE ROSEN (1940-2010) aura travaille jusquau bout ce roman quelle savait etre son ultime ouvrage. Elle etait psychanalyste et avait enseigne la litterature et la langue française a luniversite. Essayiste, romanciere, nouvelliste, traduite dans une dizaine de pays, elle sest fait connaitre notamment par son roman Martha F. (Lattes 2004) qui donne pour la premiere fois la parole a la femme de Freud.
Chez les Thomas, comme dans bien dautres familles, on cultive ces liens en trompe loeil qui font le lit dune implacable solitude. Dans ces chroniques dune cruauté très ordinaire, Nicolle Rosen épingl
Londres 1946. Agée de 85 ans la veuve de Sigmund Freud refuse de confier à une journaliste américaine la publication de ses mémoires. Mais la correspondance amicale qui s’installe entre les deux femm